Géothermie

La géothermie est le système de chaleur privilégié de la Ville de Fresnes. Environs 76% des logements collectifs et équipements publics sont raccordés à ce réseau de chaleur. Découvrez ses avantages et le fonctionnement de ce réseau de chaleur responsable.

Fresnes, précurseur de la géothermie

Fresnes fait partie des communes qui se sont lancées très tôt dans l’exploitation de cette énergie propre. Le premier réseau de chauffage urbain par la géothermie, entièrement réalisé sur des fonds municipaux, a été mis en service en 1986 ; il ne couvre alors qu’une partie des quartiers sud de la ville, qu’il fournit en eau chaude sanitaire (ECS) et en chauffage. L’appareil de production, constitué d’un doublet (deux puits d’extraction-injection) est installé sur la ZAC de la Cerisaie sud, à l’intersection des autoroutes A6 et A86.

À la fin des années 90, une extension du réseau sur le nord de la ville, en direction de la prison et des immeubles avoisinants, est mise en place et gérée par la Sofredith. Une dizaine d’années plus tard, un audit est réalisé et, fin 2010, une nouvelle délégation de service public pour l’ensemble du réseau est attribuée à Sofrège (Société fresnoise de géothermie), filiale dédiée du groupe Coriance, pour une durée inédite de 30 ans.

Des investissements massifs

Pour entretenir ce réseau, d’importants investissements sont nécessaires : modernisation du réseau existant, forage d’un troisième puits de production, mise en place d’une pompe à chaleur permettant de valoriser au maximum la ressource, réalisation d’une chaufferie d’appoint, élargissement du réseau…

Au total, plus de 26 M € ont déjà été investis par Sofrège depuis 2010, avec des résultats concrets et visibles : un réseau accru de 2,7 km (+ 27 %), 40 points de livraison supplémentaires (+ 60 %), 2 841 nouveaux équivalents-logements (logements ou équipements publics) raccordés (+ 42 %) …

Avantages de la géothermie

A un niveau individuel, la géothermie bénéficie d’un effet d’échelle important : plus le nombre d’usagers est important, mieux est répartie la charge des investissements. Finalement, la facture de l’usager est en moyenne de 15 % inférieure à une solution gaz, et jusqu’à 45% en cas de chauffage électrique individuel.

A un niveau plus global, elle permet d’éviter le recours massif aux énergies fossiles et donc de limiter les émissions de gaz à effet de serre.

Le réseau de chauffage urbain fresnois a ainsi permis d’éviter la production de 10 441 tonnes de CO2 en 2016, soit l’équivalent des émissions annuelles de 8 700 voitures…

Fonctionnement de la géothermie

L’exploitation d’un réseau de géothermie nécessite une organisation bien particulière. En effet, l’eau contenue dans le Dogger est très fortement minéralisée, en sulfures notamment, ce qui la rend très corrosive. Son utilisation ne peut donc se faire que dans le cadre d’un circuit fermé : à Fresnes, le fluide caloporteur est puisé à une profondeur de 2 300 mètres et arrive en surface à une température de 74°C environ. Il y réchauffe, par le biais d’échangeurs thermiques en titane, l’eau circulant dans le réseau de chauffage primaire proprement dit (les trois circuits fermés acheminant l’eau à travers la ville jusqu’aux immeubles des abonnés), avant d’être réinjecté dans le sous-sol, à une température abaissée à 41°C. C’est la boucle géothermale, le circuit de chauffage primaire étant, lui, appelé “boucle géothermique”.

Cette technique des doublets (ou triplets, dans le cas de trois puits de forage, comme à Fresnes) permet de prévenir la dénaturation du fluide et d’en conserver les propriétés. De fait, en 40 ans d’exploitation du Dogger, aucune “bulle froide” n’est apparue : les températures relevées dans l’aquifère sont restées stables.

Toutefois, 74°C, ce n’est pas suffisant pour soutenir un réseau de chauffage urbain. Du fait du phénomène inévitable de perte en ligne, il faut élever la température à 95°C à la sortie de l’appareil de production. La température de la boucle géothermique est donc boostée grâce à deux outils extrêmement performants : une pompe à chaleur (PAC), installée en janvier 2014, qui permet de produire 4 kW de chaleur pour chaque kilowatt d’énergie électrique consommée, et une centrale de cogénération, construite dans les années 90 et modernisée par Sofrège, qui combine avec une efficacité optimale production d’électricité et d’énergie calorifique à partir de gaz.

L’eau du circuit géothermique est ensuite acheminée jusqu’à des sous-stations d’échange, où l’énergie thermique du réseau est livrée au bâtiment abonné. Le principe de fonctionnement de celles-ci est le même que pour l’échangeur thermique de la centrale : l’eau du circuit géothermique (réseau primaire) réchauffe l’eau du circuit local (réseau secondaire), avant de repartir vers la centrale. Un premier passage par la pompe à chaleur permet de grappiller quelques degrés supplémentaires, qui sont réinjectés dans le réseau ; puis l’eau est à nouveau chauffée par le fluide de la boucle géothermale.

Et comme une image vaut mille mots, le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières, le service géologique national) propose une animation sur le fonctionnement d’un réseau de chaleur géothermique !

Les sous-stations remplacent donc les chaudières d’immeubles. Certains abonnés ont toutefois choisi de conserver une chaudière d’appoint, afin de pallier les inévitables incidents sur le réseau principal.

Heureusement, ceux-ci sont rares : ils se montaient à un total de 208 heures d’arrêt de production et de distribution en 2016, soit un taux de disponibilité de 98 %.

Et dans les appartements et équipements publics, la chaleur offerte prend en compte la sédentarisation et le vieillissement de la population et permet d’atteindre confortablement les 21 à 23°C, bien au-delà des 19°C légaux. Pourtant, l’approche économe en énergie des abonnés et des usagers permet de maintenir la part en énergies renouvelables de la production, malgré l’extension du réseau.

Un fonctionnement unique à Fresnes

Une autre particularité caractérise le chauffage urbain fresnois. Les investissements initiaux ayant été réalisés sur des fonds municipaux, le réseau est de fait la propriété collective des habitants. Cela transparaît dès la facturation : l’énergie est facturée sur deux termes, désignés R1 et R2. Si R1 correspond à la consommation effective de l’usager, R2 pourrait être assimilé à un abonnement et reflète les frais fixes du réseau, partagés entre les abonnés.

Les usagers ne sont donc pas des clients du réseau, mais des copropriétaires. Le partage des responsabilités en est altéré. La relation se construit donc entre quatre acteurs ou groupe d’acteurs : la Ville, la puissance délégante et coordinatrice du service, Sofrège, l’exploitant du réseau, les abonnés (au nombre de 64 aujourd’hui, copropriétés, bailleurs sociaux et établissements publics) et les usagers, consommateurs finaux du service.

Cette situation peu commune accroît encore l’exigence de transparence liée à une délégation de service public. Une logique dans laquelle s’inscrit parfaitement l’exploitant, en dépit de son statut d’opérateur économique privé. Sofrège va ainsi bien au-delà de son rôle de fournisseur de service, en réalisant régulièrement des diagnostics sur la distribution d’eau chaude sanitaire et de chauffage au sein des bâtiments raccordés à son réseau.

Cette exigence de transparence explique également que la délégation de service public ait été confiée, non au groupe Coriance, mais à une filiale expressément créée pour gérer le réseau fresnois, qui remet chaque année à la Ville un rapport d’exploitation.

C’est également dans cet esprit qu’a été développée la communication vers –et surtout avec– les abonnés et usagers, qu’elle soit directe ou qu’elle s’inscrive dans le cadre de conseils consultatifs : la Commission consultative des services publics locaux d’abord, comme l’exige la loi. Mais l’audience de celle-ci étant jugée trop limitée, la Ville a mis en place un conseil consultatif dédié, sous le nom de Comité des abonnés et usagers de la géothermie, ayant pour mission principale « l’étude et la formulation de propositions sur tous les sujets relevant de ce service », avec comme objectif de « favoriser la transparence, la communication et l’amélioration de la gestion de ce service public ».

Un nouveau puits de géothermie

En septembre 2023, la Ville et Coriance ont officialisé la création d’une seconde géothermie qui viendra
s’ajouter au triplet géothermique existant près du centre commercial de la Cerisaie (doublet géothermique
historique construit en 1986 / troisième puits foré en 2014). Cette initiative s’inscrit dans le cadre des priorités définies par la Ville pour lutter contre la précarité énergétique, réduire la pollution en milieu urbain et atténuer l’impact de l’activité humaine sur la santé des citoyens.

La mise en place de ce nouveau doublet contribuera à augmenter la part d’énergie renouvelable utilisée
par le réseau de chaleur, passant de 60 à 80%. Ce qui permettra l’évitement de l’émission de 17 500 tonnes de CO2 par an, équivalent à l’impact de 15 000 voitures. La nouvelle centrale, comprenant un doublet géothermique et deux pompes à chaleur d’une puissance totale de 5MW, sera intégrée harmonieusement dans son environnement avec la préservation de 3120m² d’espaces verts.

Fresnes s’engage à raccorder 100% de ses logements collectifs au réseau de chaleur. Ainsi, la création
de ces nouveaux puits de géothermie sera accompagnée d’une extension du réseau de plus de 4,7 km,
connectant 34 nouvelles sous-stations, équivalent à 3 000 logements supplémentaires.

Demander le raccordement de son logement

Pour développer la géothermie à Fresnes, la Ville s’associe à France Chaleur Urbaine, un service du ministère de la transition énergétique qui simplifie les raccordements.

En quelques clics, découvrez si votre bâtiment est proche du réseau et entrez en contact avec notre exploitant, le tout gratuitement et sans engagement de votre part. Sur France Chaleur Urbaine, trouvez également toutes les réponses à vos questions et les informations pratiques nécessaires pour choisir en toute confiance ce mode de chauffage d’avenir !

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