
- Votre ville
- Votre Mairie
- Vos services
- Vos activités
- Participer
- Fresnes Demain
Saviez-vous que le célèbre film Paris brûle-t-il ? de René Clément fut en partie tourné à Fresnes en 1965 ?
Mais retraçons tout d’abord brièvement l’épisode de la libération de notre ville. Fresnes fut libérée par des éléments de la 2e division blindée du Général Leclerc, le jeudi 24 août 1944. Ayant reçu l’ordre de marcher sur Paris, le 22 août, Leclerc met en branle toutes ses unités. A l’approche de la capitale, elles seront retardées par la garnison allemande de la prison de Fresnes, équipée de canon anti-chars. Le sous-groupement Warabiot sera chargé de libérer l’établissement pénitentiaire pour permettre à la division de continuer sa route. (lien)
Plus tard, en 1966, René Clément réalise l’adaptation cinématographique du livre Paris brûle-t-il ? de Dominique Lapierre et Larry Collins, qui relate en détail la libération de Paris. Casting prestigieux, 20 000 figurants et 180 lieux de tournages… Une scène de ce film, montrant la destruction du char La Marne par un canon allemand, fut tournée à Fresnes, avenue de la République, sur les lieux même du drame. Au niveau du numéro 53, pour être exact.
M. Fleuridas, fresnois et ancien employé de la prison, se souvient que plusieurs tractions avant utilisées pour le tournage furent stationnées dans la cour de l’établissement.
Etienne BOIN
Saviez-vous qu’au début du siècle et jusque dans les années 1960, Fresnes connu une activité gastronomique pour le moins singulière ? La consommation de grenouilles !
Alors que le XIXe se termine et que commence le tout nouveau XXe siècle, la Bièvre n’est pas encore couverte et ses berges fresnoises regorgent de Rana Esculanta, la fameuse grenouille verte. À cette époque, manger des cuisses de grenouille est à la mode. Alors, quand les Parisiens viennent assister aux courses hippiques de Berny, ils font un détour par Fresnes et se délectent de ces nombreux mets à base de grenouilles.
Dès lors, les fresnois pêchent et cuisinent de plus en plus ces batraciens pour leurs visiteurs. Le restaurant de La Mère Fifine, la maison Diard et d’autres enseignes font salles combles régulièrement. En effet, de fin février à Pâques, près de 30 000 grenouilles sont dévorées. Le succès est tel que des sociétés de “grenouilleux” se créent pour partager cette passion culinaire. L’une d’entre elles, regroupant exclusivement des bouchers parisiens, se réunissait tous les Vendredi Saint à Fresnes chez la Mère Fifine. Une de leur coutume consistait à remplir une soupière de vin blanc et à y mettre une grenouille. Chacun buvait à son tour sans toucher l’animal, sous peine d’élimination. Celui qui buvait le dernier verre gagnait la grenouille, mais devait payer une tournée de champagne à ses camarades de jeu.
De nos jours, du fait de la couverture de la Bièvre et des divers aménagements qui y ont été menés, les grenouilles se font de plus en plus rares. Les courses hippiques de Berny et La Mère Fifine n’existent plus. Jusqu’à récemment, la ville de Fresnes célébrait la grenouille au mois de mai.
Etienne BOIN
Saviez-vous qu’avant l’invention des réfrigérateurs, on conservait la glace dans des cavités souterraines appelées glacières et que Fresnes en compta quatre ?
Les hommes utilisent de la glace depuis longtemps, pour être consommée ou pour conserver plus durablement les aliments, mais son usage s’est démocratisé petit à petit depuis la Rome antique. En effet, dans les thermes romains, elle servait à maintenir à basse température l’eau froide des frigidaria. Au Moyen-Âge, on l’utilisait surtout pour un usage thérapeutique puis comme dessert, les sorbets, à la Renaissance. C’est principalement sous le règne de Louis XIV que l’usage de la glace se répandit en France car noblesse et bourgeoisie en raffolaient. Son commerce s’intensifia tout au long du XVIIe siècle mais resta principalement un monopole royal. C’est au cours de la Révolution que le commerce de la glace deviendra libre et fleurira jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Avant que ne soient inventés les réfrigérateurs, conserver de la glace durant les mois les plus chauds de l’année était un vrai défi. En effet, le secret d’une glace durable réside dans un bon stockage : à l’abri de l’air et de l’eau de fonte. Mais les premières glacières, installées dans des cavités naturelles, ne permettaient pas une conservation longue. Au XVe siècle, des constructions de plus en plus élaborées virent le jour : souterraines, de forme circulaire, construites en briques et en argile, avec des portes formant un sas et orientées vers le nord pour éviter les rayons du soleil. Des puits sont aménagés pour recueillir l’eau issue de la fonte naturelle de la glace. Celle-ci, entreposée sur des palans de bois plutôt que sur la terre ferme fond alors moins vite. Toutes ces conditions permettaient ainsi une conservation de près de 6 mois avec une perte de seulement 20%. Vues de l’extérieur, les glacières prennent l’aspect d’une grande butte de terre où poussent souvent arbres et arbustes.
À Fresnes, quatre glacières seront construites puis utilisées aux cours des XIXe et XXe siècles. Elles sont mentionnées dans le cadastre de 1842. La première, située face au château de Tourvoie (actuel stade Gaston Roussel), était de forme circulaire. La cavité principale, haute de 7 mètres, possédait une voûte en ogive de 14 mètres de diamètre. On y entreposait de la glace découpée dans la pièce d’eau de la Bièvre. Cette glacière fut comblée en 1973 lors de la construction d’un immeuble. Les suivantes étaient situées sur le terrain de l’église Notre-Dame-de-la-Merci. D’une hauteur de 5 mètres et d’un diamètre de 6 mètres environ, les deux petites glacières furent détruites en 1957 en raison de la proximité du patronage. La plus grande fut en partie démolie puis consolidée et servit de base à la crypte de l’actuelle église.
Avec l’apparition de la glace industrielle vers les années 1860, du réfrigérateur dès les années 1930 et l’adoucissement des hivers, les glacières de Fresnes ne furent plus exploitées à partir de la fin du XIXe siècle. Mais l’une d’entre elles servit encore une fois à la Libération de Fresnes en août 1944. Des prisonniers allemands y furent introduits par une échelle, ensuite retirée, en attendant leur prise en charge par les forces de police.
Etienne BOIN, d’après les informations de A.GRANDIN de la Société archéologique de Fresnes
Saviez-vous que la résidence de Tourvoie fit les gros titres de Paris-Match en 1953 ?
Dans la semaine du 28 février au 7 mars 1953, le célèbre hebdomadaire français fait sa une sur la nouvelle mode de Paris et… « la nouvelle maison Paris-Match toute équipée pour 540 000 Fr ». Celle-ci est en réalité un projet de maison moderne, ergonome et “idéale” piloté par l’hebdomadaire et le Commissariat général aux Arts Ménagers sur les conseils de Claudius Petit, alors ministre de la Reconstruction.
Présentée au salon des Arts Ménagers de 1953, cette maison est conçue pour loger avec tout le confort moderne de l’époque un ménage avec deux enfants et des ressources modestes. D’une surface de 56 mètres carrés, elle est constituée de trois pièces de plain-pied. Les cloisons sont en béton et le sol recouvert de linoléum, le chauffage est assuré par une chaudière soufflant l’air chaud par le plafond. Tout a été pensé pour gagner de la place et de nombreux placards cachent les appareils électroménagers, les balais, les ustensiles de cuisine. L’article de Paris-Match précise que « les dimensions de la cuisine et les emplacements de ses équipements ont été étudiés scientifiquement pour réduire au minimum la fatigue de la ménagère ».
Dans un contexte de crise du logement pour de nombreux jeunes ménages français, cette maison apparaît comme une superbe alternative. Au 1er mars 1953, le prix initial est fixé à 1 497 000 Fr pour la maison et l’équipement de base. Un supplément de 300 470 Fr est demandé pour obtenir l’équipement total. Bien évidemment des facilités de paiement et des crédits sont prévues pour soulager les jeunes ménages.
Dans le courant de l’année 1953, le projet devient plus concret et l’Union départementale de la Seine des Associations Familiales dirige la construction de 112 de ces logements idéaux en banlieue sud. Le terrain choisi est à Fresnes, car proche de Paris, au calme dans une ville qui débute seulement son développement démographique. De nombreux champs fresnois sont encore exploités et Fresnes est alors la campagne parfaite à 10 km de Paris. Les transports sont proches ainsi que les institutions mais l’emplacement retenu offre la particularité de dégager la vue de toutes les futures habitations, de permettre un ensoleillement maximum et d’éviter les vis-à-vis gênants.
C’est ainsi qu’est née la Résidence de Tourvoie qui est encore aujourd’hui très réputée dans les alentours. André Villette, ancien maire, se souvient dans son livre J’étais maire de Fresnes qu’une « centaine de jeunes ménages étaient ainsi rassemblés. Ils provenaient de tous les horizons professionnels et géographiques. Un jeune biologiste côtoyait son voisin peintre au pistolet chez Renault ».
Etienne BOIN
Saviez-vous que les détenus de la prison de Fresnes portèrent jusqu’en 1950 une sorte de capuchon leur recouvrant entièrement la tête ?
En 1870, alors que s’achève le règne de Napoléon III et que chute le Second Empire, les spécialistes du droit et de la santé déclarent que l’emprisonnement collectif favorise la récidive, le crime et le vice. L’idée commune reconnaît alors une certaine contagion entre les détenus.Une réforme pénitentiaire est mise en place et aboutit trois ans plus tard sur la loi du 5 juin 1875. Ouvrage législatif crucial, cette dernière met en application le principe de l’emprisonnement individuel, c’est-à-dire en cellule. Les prochaines prisons seront ainsi construites selon ce principe et c’est dans ce contexte que naît la prison de Fresnes en juillet 1898.
Cependant, la loi du 5 juin 1875, outre la séparation des différents types de détenus (inculpés, prévenus et accusés), impose le port du costume pénal. Visant à dépouiller la personne incarcérée, car privée de ses vêtements et effets personnels, le choix de cet équipement est surtout motivé pour des raisons de sécurité et d’ordre mais également de protection entre les détenus eux-mêmes.En effet, l’idée de la contagion entre les détenus court toujours et un accessoire au costume pénal fait alors son apparition. Le capuchon belge amène plus loin encore le principe de séparation des personnes incarcérées. Imposé à certains prisonniers selon l’avancement de leur peine ou leur niveau de détention, il doit être porté en tout temps, surtout pendant les déplacements, les distributions de nourriture ou lors des rencontres avec leurs camarades. « Le procédé adopté consiste dans l’emploi d’un capuchon formé d’une étamine de fil et couvrant complètement, lorsqu’il est abaissé, la tête et le visage ; le détenu qui en est revêtu voit très nettement les objets à travers le tissu, sans qu’il soit possible, même de près, de distinguer ses traits, et sa respiration n’en est aucunement gênée ».
L’usage de cet accessoire est finalement peu utilisé dans les prisons françaises, sauf à Fresnes. Bien qu’aboli en octobre 1950, le port du capuchon belge semble avoir encore été utilisé à Fresnes jusque dans les années 60 pour quelques détenus.
Etienne BOIN
Saviez-vous que depuis le XVIIe siècle et jusqu’en 1937, on fabriquait des tuiles et des briques à deux pas du centre-ville ?
Les sous-sols de la ville contiennent de grandes quantités de terre glaise, utilisée comme matière première dans la fabrication des tuiles et des briques.Ainsi, une tuilerie aurait existé à Fresnes dès le XVIIe siècle, à l’angle de la grande route menant à Châtenay et d’un sentier qui prendra le nom de la tuilerie, à l’emplacement de l’actuelle résidence et du centre commercial.L’installation comprend les logements du fabricant, mais également les halles, aires de séchage, fourneaux à cuire et les aires d’extraction de la glaise. Cet ensemble tenait sur une parcelle d’un peu plus d’un hectare. La présence de fer dans la glaise utilisée conférait une teinte rouge aux tuiles lors de la cuisson.
Cette tuilerie cesse son activité au début du XVIIIe siècle, le dernier bail étant signé en 1737.Près d’un siècle plus tard, M. Jacques Denis, alors maire de Fresnes, implante une tuilerie tout près de la précédente et ajoute la fabrication de briques à son domaine d’activité. La production démarre en 1855. Deux ans plus tard, M. Denis met fin à son mandat électoral pour se consacrer pleinement à son activité industrielle. Petit à petit, l’ensemble, appelé “La Fabrique”, s’agrandit et la production devient mécanique. Jusqu’à 4 000 tuiles seront fabriquées quotidiennement au plus fort de l’activité.
Pour fournir toute la matière première nécessaire, trois carrières de glaise seront exploitées à Fresnes. La première, située entre les actuelles rue Emile Zola et celle des Frères Lumière, la seconde vers les Gémeaux et le boulodrome et enfin la dernière vers le tertre de Montjean (sortie sud-ouest du parc André Villette).De ces carrières partait chaque jour un chargement de glaise destiné à la faïencerie Boulenger à Choisy-le-Roi. Celle-ci obtiendra par la suite la commande du revêtement des stations du métro parisien en carreaux de grès, si connu aujourd’hui.Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, la tuilerie connaîtra quelques dégâts. M. Denis demandera 66 922 francs de l’époque au titre de l’indemnisation des dommages de guerre.
En 1876, Jacques Denis cède son affaire à son fils. La tuilerie changera plusieurs fois de propriétaire par la suite. La famille Douard et Garcin en est propriétaire lorsqu’un incendie détruit l’ensemble industriel en 1937.A partir de cette époque, la tuilerie et la briqueterie resteront à l’abandon. Les bâtiments et les trois cheminées, bien connues des fresnois, menaçants de tomber en ruines, elles seront détruites pour laisser place à une résidence et un centre commercial. Seul le nom de la Tuilerie est restée.
Etienne BOIN
Merci à l’Écomusée et à son équipe pour leur disponibilité et leurs archives
Saviez-vous qu’avant sa transformation, la Cerisaie accueillit plusieurs entreprises scientifiques de pointe ?
Au fil des ans, la Cerisaie a souvent changé d’aspect. Dernièrement, un grand lifting lui a redonné un aspect plus moderne, plus convivial et de nouvelles enseignes s’y sont installées. Cependant, bien avant cela, l’ancienne version de la Cerisaie comptait parmi ses locataires deux entreprises scientifiques de pointe : Jouveinal et Stallergènes.
L’entreprise pharmaceutique Jouveinal, spécialisée dans la gastro-entérologie et l’oto-rhino-laryngologie, arriva dans la zone d’activités en février 1977. Réputée pour avoir commercialisé Eau précieuse, lotion centenaire et célèbre contre les problèmes de peau, elle mit également au point Débridat et Relaxine.Les laboratoires fresnois du groupe, situés à l’époque au 11-13 rue de la Loge, accueillirent près de 130 spécialistes qui, grâce à de nombreux partenariats, parvinrent à développer une molécule par an et donc à commercialiser rapidement leurs médicaments. Ce centre de recherche s’appuyait essentiellement sur des unités de production dans le Maine-et-Loire et en Irlande.Les années défilant, les activités du groupe se diversifient et Jouveinal acquiert de nouveaux marchés. Pour maîtriser cette évolution, le laboratoire développa de nouveaux partenariats avec notamment Roussel-Uclaf, puis avec Warner-Lambert qui rachète Jouveinal en 1997. De fil en aiguille, Jouveinal est absorbé et fait maintenant partie intégrante du groupe Pfizer.Les locaux fresnois du laboratoire seront cédés au groupe Pasteur mais celui-ci ne les investira jamais. Inoccupés depuis 2006, ils seront détruits pour laisser place au bâtiment Bizet qui comprend notamment NaturéO, C&A et Esthétic Center.
Dans un autre secteur de la Cerisaie au cœur de l’allée des Platanes se trouvait les bureaux et laboratoire de l’entreprise Stallergènes. Spécialisée dans le traitement des allergies respiratoires, l’entreprise s’y installa en 1974. Cinquante spécialistes travaillaient alors à la fabrication et à la commercialisation de traitements de désensibilisation (immunothérapie allergénique) destinés directement aux patients. En effet, ce type de traitement consiste à administrer des doses croissantes d’extraits allergéniques afin de rééquilibrer le système immunitaire. Cependant, pour faire face à une demande internationale croissante, le laboratoire déménagea à Antony en 1997 où il construisit un centre de production entièrement automatisé.Stallergènes poursuit encore aujourd’hui son activité et traite plus d’un demi-million de patients dans le monde. Quant aux anciens locaux de l’entreprise à Fresnes, ils sont aujourd’hui occupés par l’un des magasin de l’enseigne BUT.
Etienne BOIN