Une régie publique de l’eau à Fresnes

Après de nombreuses années rattachées au Syndicat Des Eaux d’Île-de-France, la Ville de Fresnes, aux côtés de 8 autres villes de l’Etablissement Public Territorial (EPT) Grand-Orly Seine Bièvre, a décidé de passer en régie publique pour la gestion de l’eau potable.

Les neuf villes concernées : Arcueil, Cachan, Chevilly-Larue, Fresnes, Gentilly, Ivry-sur-Seine, Kremlin-Bicêtre, Orly et Vitry-sur-Seine.

Cette décision a été soumise aux Fresnois en septembre 2021 sous la forme d’une consultation citoyenne à la manière de la concertation citoyenne Fresnes demain.

Une grande consultation citoyenne

Du 1er et 19 septembre 2021 à Fresnes ainsi que dans les 8 autres communes investies à la démarche (Arcueil, Cachan, Chevilly-Larue, Gentilly, Ivry-sur-Seine, le Kremlin Bicêtre, Orly et Vitry-sur-Seine), les habitants devaient répondre à la question « Êtes-vous favorables à la création d’une régie publique de l’eau dans votre commune ? ».

Face à ce choix historique à la portée des Fresnois, la Ville de Fresnes avait mis les bouchées doubles. De nombreuses rencontres ont été organisées pour informer sur les enjeux liés à la création d’une régie publique. Un débat public en présence d’experts de la question de l’eau a été organisé, pour lequel une enquête qualitative audiovisuelle a été réalisée afin de recueillir les avis des habitants.

Les habitants s’étant positionnés favorablement, à la rentrée 2021, la mise en place de cette régie a été actée. Elle est en cours de constitution.

La sortie du SEDIF

Le premier mouvement ayant fait suite à ce vote est la sortie de la Ville de Fresnes du Syndicat des Eaux d’Île-de-France, suivie de négociation pour la répartition du patrimoine entre les deux opérateurs d’eaux que nous sommes.

Dans les prochains mois, c’est Veolia qui continuera d’assurer le service. Cette sortie s’effectuant par étape, des accords sont en passes d’être mis en place. La commune aura l’entière compétence au 1er janvier 2024.

Un projet ambitieux

Cette date marquera ainsi le début du fonctionnement effectif de cette régie publique. Le prix de l’eau sera mieux maitrisé alors même que celui des énergies explose de nos jours. Ainsi, l’engagement a été pris que celui de l’eau n’exploserait pas après 2024.

Cette régie desservira 350 000 habitants pour 9 communes et aura pour mission de protéger la ressource qu’est l’eau face à l’urgence climatique. Des projets concrets comme la distribution d’économiseur d’eau sont à l’étude et permettront de protéger la ressource et d’alléger la facture des familles.

Vidéo Youtube : Régie publique de l'eau – Court-métrage

Oloufemi Romaric ADEKAMBI 
Ingénieur informatique 

L’eau, ça évoque en moi en termes de souvenirs d’enfance, quelque chose qui m’apaisait. Quand il pleuvait, on vivait dans des maisons qui étaient recouvertes en fait par des tôles et du coup, le bruit produit par l’eau, ça m’excitait pour dormir, me reposer. Je n’ai plus vraiment de relation en tant que telle avec l’eau aujourd’hui parce qu’il y en a tout le temps. Donc des fois, on oublie même que si on n’en a pas, ça peut dire grave en fait.

Chantal HAXAIRE 
Aide à domicile à la retraite 

L’eau, pour moi, ça évoque une nécessité absolue pour la vie, pour boire, pour se laver. Se laver, c’est énorme pour moi. Quand j’étais enfant, on avait juste un lavabo et pas de baignoire. Un lavabo pour 5 personnes en plus et donc chaque fois que je prends une douche, je suis peut-être la seule à me dire, Ah, c’est merveilleux.

9 communes du Grand-Orly Saint Bièvre ont pour projet de passer à une régie publique de l’eau. 
La municipalité de Fresnes a décidé d’organiser un débat pour connaître la vision de ses habitants, sur la question de l’eau. 

Pauline Da Silva 

Je m’appelle Pauline Da Silva, j’ai 12 ans.

Jacques Collin 

Jacques Collin, j’ai 60 ans.

Leïla Bévin 

Je m’appelle Leïla Bévin, j’ai 33 ans, j’ai un petit bébé de 2 ans et demi.

Daniel Lemahieu 

Daniel Lemahieu je suis retraité.

Christine Brette 

Christine Bret, j’habite à Fresnes depuis 2008.

Jeune femme anonyme 

J’habite à Fresnes depuis que je suis toute petite.

30 fresnoises et fresnois ont été interviewés. Qu’ils soient remerciés pour la sincérité de leurs propos. 

Si je vous dis l’eau ? 

Claudine GARROUSTE 
Auxiliaire de puériculture à la retraite 

L’eau, c’est la vie. C’est un privilège. Moi, je viens d’une famille où on habitait déjà à la campagne, donc loin de la mer. J’ai appris à nager à 45 ans avec mon mari, vous voyez. Quand il fallait faire la vaisselle, c’était 2 bassines avec de l’eau, donc on ne la gaspillait pas et quand on avait fini avec ça, on la donnait pour les cochons. C’est pas je prends et tac. Elle fait le geste de jeter l’eau.

Magloire BOPDA 
Agente de sécurité 

Pour moi, à vélo, je me rappelle, à l’époque quand on était petit, on priait pour qu’il pleuve pour sortir parce qu’on sait l’eau, ça purifie. D’abord en Afrique, quand il pleut, on est obligé de sortir, même les mamans, pour se purifier.

Jules LABOURASSE 
Commercial en recherche d’emploi 

Quand on parle d’eau, je vais tout de suite penser plutôt à des jeux, c’est-à-dire à tout ce qui va être activité, tout ce qui est de piscine, mer. Quand j’étais petit, on faisait beaucoup de batailles d’eau l’été, quand il y avait des canicules.

Kirti SARDESAI 
Enseignante 

Ici, quand je suis arrivé, quand il pleuvait, les gens faisaient la gueule. Alors qu’en Inde, quand il pleut, on danse, on accueille la pluie avec joie. Parce que la mousson, chez nous, c’est toute une saison, ça évoque plein de fêtes, voilà c’est la joie de vivre.

Johanna KABACHI 
Global sourcing manager 

L’eau, la première chose qui nous vient à l’esprit, c’est la nature. J’ai vécu en outre-mer, donc du coup, c’est une partie essentielle en fait pour survivre, pour la population, on ne peut pas vivre sans. Là-bas la population est dépendante aussi en partie de la mer et ça fait partie des activités quotidiennes, de la nourriture. On né dans l’eau, on vit dans l’eau.

Éli MOREAU 
Étudiant en sciences politiques 

L’eau bien sûr, en premier temps, c’est la ressource naturelle, donc c’est ce qui nous permet de vivre. C’est ce qui a majoritairement dans notre corps, bien évidemment. Ensuite l’eau, c’est, je pense notamment lié à beaucoup de problèmes, beaucoup de d’inégalités. Après, on est en France, on a de la chance, on a très peu d’inégalités en France, même si elles existent, tout le monde peut boire comme il le souhaite.

Jean Damien NICOT 
Maître nageur – Sauveteur 

Il y a des endroits sur la planète où n’a pas d’eau. Je crois qu’il y a à peu près un milliard de personnes qui n’ont pas un accès, je dirais facilité, voire pas d’accès à l’eau. Même en France même, ici l’eau n’est pas une richesse sur laquelle on peut se dire Oh là pas de problème. Il y a de nombreux paysans, dans certaines régions, qui ont de grosses difficultés par rapport à leurs récoltes.

Hicham TANTTAOUI 
Consultant 

Je suis originaire du Maroc, je suis née là-bas et c’est un pays qui est assez désertique, où l’eau est une ressource très importante. Sans eau il n’y a pas d’agriculture, pas de nourriture, pas d’économie donc c’est un élément vital pour l’économie et aussi pour la vie.

Abou SY 
Agent de sécurité incendie en recherche d’emploi 

Pour moi, l’eau, c’est quelque chose d’important, surtout que je viens d’un pays, la Mauritanie, qui est un peu galère. Par exemple, pour avoir de l’eau, je me rappelle quand on était petit, ma grand-mère me donnait de l’argent avec mes cousins. On partait acheter de l’eau. Et parfois, c’était très cher tellement il y en avait peu. En France il n’y a pas de problème d’eau. Et il y a des robinets partout. Par contre l’eau en Afrique est, je trouve, beaucoup plus agréable à boire quand même.

Nanan DOH 
Agente de sécurité 

Moi je consomme l’eau du robinet en Côte d’Ivoire. Moi je n’achète pas l’eau en bouteille. Par contre, l’eau du robinet de Frênes, pour moi, ça ne passe pas très bien, je l’utilise seulement pour me laver et pour cuisiner. La France, c’est un pays, c’est grand, mais l’eau je n’arrive pas à la consommer, ça ne passe pas. Mais pourquoi, dans mon pays, j’arrive à la boire, mais ici non ?!

Solène CISSE 
Business analyst 

Je bois l’eau potable du robinet, c’est vrai que j’ai toujours vécu comme ça et ici je ne trouve pas qu’elle est un goût particulier. Moi je ne trouve pas qu’elle soit particulièrement calcaire. Après j’ai récemment fait des travaux chez moi, j’ai créé du coup un système de récupération d’eau de pluie qui va permettre d’arroser du coup l’extérieur parce que je trouve que c’est vraiment gaspiller que d’utiliser de l’eau potable pour l’extérieur.

David MAISTRE 
Chef de projet 

Moi la question, ce n’est pas une question qui me travaille réellement, hein. Je suis conscient qu’il y a des problématiques d’épuration d’eau, de gestion de l’eau afin qu’elle soit potable et puis de pollution mais enfin ça ne m’inquiète pas en fait. En France je pense que rares sont les régions où on se pose des questions de boire de l’eau en bouteille ou pas. Enfin, quand on habite à des endroits comme Frênes, on boit l’eau du robinet de manière naturelle.

Christine BRETTE 
Secrétaire comptable 

Je pense que les gens aujourd’hui commencent à prendre conscience qu’il faut économiser l’eau, qu’il faut y faire attention, qu’on ne laisse pas couler l’eau quand on se brosse les dents, qu’on prend plutôt une douche qu’un bain. J’ai un souvenir de gaspillage d’eau dans les écoles où l’eau coulait en permanence dans les toilettes. C’était du matin au soir, la nuit, sans arrêt. Quand j’en ai parlé, on m’a dit Oh bah oui mais il faut qu’on fasse réparer, mais c’est resté, ça n’a jamais été réparé.

Pauline DA SILVA 
Collégienne 

L’eau évoque surtout un moyen de survie. Je sais qu’en été surtout, on utilise beaucoup d’eau. Par exemple la piscine, ça consomme beaucoup d’eau. Les batailles d’eau pareil et il faudrait peut-être éviter.

Aïchatou DIAKHO 
Lycéenne 

L’eau c’est vital, on en a besoin pour tout faire. Et quand il y a un problème d’eau, bah, c’est la galère. L’eau, j’en utilise beaucoup, dans la vie quotidienne, on est un petit peu obligé d’utiliser beaucoup d’eau. C’est dommage parce que ça gaspille l’eau pour plus tard, des fois on est un petit peu égoïste. On pense qu’à nous, on se dit bon, c’est de l’autre robinet, on laisse couler pendant qu’on se brosse les dents, par exemple. On ne pense pas aux autres.

Et l’avenir ? 

Anaïs DJEBBI 
Collégienne 

Aujourd’hui, l’eau est très facile d’accès alors que, peut-être que dans 5 ans, 10 ans, il faudra parcourir plusieurs kilomètres pour trouver de l’eau potable. Et dans le futur, j’aurai sûrement des enfants et je n’ai pas envie que mes enfants vivent dans un monde où il n’y a pas beaucoup d’eau, où ils doivent lutter pour vivre en France.

Camille MARQUIS 
Adjointe hygiène et qualité 

On est relativement épargnés, en tout cas à Paris. Je sais que y a des inondations, et cetera, qui commencent à être de plus en plus fréquentes. Même dans mon entourage, j’ai un collègue quand il a acheté sa maison, on lui a dit, on a été inondé une fois en 10 ans, ça n’arrive jamais. Bah maintenant c’est tous les ans, voire plusieurs fois par an, donc on peut imaginer que ça ne va faire que se dégrader.

Claire SEGUIN 
Sans activité 

L’eau dans l’avenir ? Moi je pense que c’est un sujet d’inquiétude majeure à avoir, et on s’aperçoit que cette eau, justement, n’est plus aussi abondante qu’elle était auparavant. Et que par le biais de la pollution, les sources d’eau potable sont réduites.

Rayan RAKOO RANDRATSIRESY 
lycéen 

Je pense que dans la majorité des pays européens, même quand on parle des États-Unis, beaucoup de pays développés, je ne pense pas que ça sera un grand problème. En France, généralement, tout le monde a accès à de l’eau, il y a des fontaines dehors et je ne pense pas que ça va être un grand souci pour nous, du moins pour l’instant.

Amira ISSILANE 
Lycéenne 

J’ai qu’à regarder les autres pays qu’ils ont du mal à trouver de l’eau, bah on on peut se dire facilement que nous aussi, on pourra être comme ça. En fait, j’ai peur que ça soit comme dans les films façon Sahara, qu’il n’y ait plus d’eau et que l’on ait besoin d’aller partout pour en chercher.

Mehdi HMILA 
Ouvrier en bâtiment 

La question de l’eau dans l’avenir, ça fait peur et ça va peut-être provoquer des guerres entre les pays. C’est comme tout ce qui se passe avec l’Éthiopie, l’Égypte, tout ça, c’est à cause de l’eau hein ?! Le grand barrage entre l’Éthiopie et l’Égypte, les Égyptiens, ils n’ont pas le droit d’utiliser l’eau du Nil, les agriculteurs et tout, ils vont souffrir.

Daniel LEMAHIEU 
Architecte à la retraite 

Il ne faudrait pas que cette eau devienne une puissance qui permette de restreindre des droits, et certains pays sont complètement dépendants de systèmes pas forcément politiques mais économiques, qui leur orientent d’ailleurs leur vie et leur gestion du quotidien.

Oloufemi Romaric ADEKAMBI 
Ingénieur informatique 

Il y a des États, par exemple, aux États-Unis, où l’eau va devenir en fait quelque chose de commercial, sur lequel on aura en fait des valeurs spéculatives, un peu comme l’or ou d’autres matières premières.

Philippe BERTEAUD 
Artisan coiffeur 

Moi je ne pense pas qu’on va manquer d’eau dans l’avenir parce que simplement hier soir j’ai vu un petit reportage sur TF1. Dans certains pays ils arrivent à faire pleuvoir les nuages. Peut-être que demain on aura des solutions pour certains pays qui manquent d’eau. Avec l’avenir, on aura peut-être plus besoin de se poser la question.

Éli MOREAU 
Étudiant en sciences politiques 

Cette question de l’eau, on va se demander qui aura le droit, qui pourra avoir accès, qui pourra se permettre de la payer ? Au Moyen-Orient, ils ont de l’argent pour payer cette eau et on se rend compte de l’inégalité entre le Moyen-Orient et l’Afrique subsaharienne, par exemple, et c’est énorme parce que là, on se rend compte vraiment du pouvoir de l’argent qui va augmenter au fur et à mesure des années sur l’eau.

Et à Fresnes ? 

… 

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